09.08.2008

Epilogue

Ici s'achève donc ce chapitre de ma vie!

Il est trois heures et qq du matin, je viens de rentrer de ma ptite soirée d'adieu...qui était géniale, ce qui me rend d'autant plus triste de quitter tous ces gens.Mike et Mary m'avaient organisé un dîner-barbecue au canoe-club, là où Mike habite désormais.On a fait du canoe, bu, ri, mangé, discuté, s'est amusés; et puis on est allés faire les bars à Dupont Circle, dernière entorse à la loi que mon dieu j'ai bien savouré.Voilà, j'ai envie de dire que cette fois la boucle est bouclée.J'ai l'impression contradictoire que ça fait très peu de temps qu'on se disait tous "oh faut qu'on profite, parce qu'un an ça va passer super vite," et qu'en même temps j'ai énormément mûri/grandi durant cette année.Comme on me le radote de tous les côtés, le retour à la réalité va certainement être très dur.Mais j'ai l'intention de revenir un jour ou l'autre, pourquoi pas pour un Master, et en tout cas cette année m'aura définitivement donner l'envie de voyager, de rencontrer des gens d'autres cultures.Je demeure très attachée à la France, c'est mon pays, et je reste persuadée que plus on vieillit, plus c'est difficile d'assimiler une autre culture.

Il n'empêche que je repars des Etats-Unis de loin déprimée plutôt que soulagée.Ne vous y trompez pas, je ne suis plus dans la phase "c'est l'extase totale, l'euphorie, tout le monde il est beau il est gentil c'est magnifique c'est merveilleux," et certains trucs me gêneront toujours chez ces ricains, mais reste que:

*Les Etats-Unis, c'est un pays qu'avant de critiquer, il faut visiter et où s'imprégner de la culture, parce que c'est bien facile de critiquer un pays/gouvernement si on n'y a jamais mis les pieds.D'ailleurs, je suis sûre et certaine que les gens critiquant les USA de par le monde sauteraient sur l'occasion si on leur offrait un visa/une green card sur un plateau d'argent.

*Mieux que ça, vivre aux USA et voyager à travers les USA vous expose à un multiculturalisme unique, non seulement sur le plan des différentes communautés, mais aussi des différents Etats.Entre la Californie, la Louisiane et DC existent ainsi de nombreuses différences, et c'est ce qui fait la richesse des USA.

*Qu'est-ce qui va me manquer le plus?Tellement de choses...La bouffe dans une certaine mesure (manger bon pour pas cher, même si bon n'a pas la même signification qu'en France).Le fait de se sentir à part, unique, du fait de mon statut de French girl.Les voyages.L'impression de ne pas perdre mon temps dans ce qui ne m'intéresse pas.Et paradoxalement, car je vais aussi être soulagée, cet émerveillement superflu à propos de n'importe quoi, cette extra-cheerfulness (No?Reeeeaaaally?Are you seeeerious?That's awesome!That's great!I'm soooo happy) qui peut agacer à la longue, mais à laquelle je m'étais habituée, cette amabilité superflue (N'importe qui te demande "how are you?" "How are you doin?"), finalement ce vernis d'hypocrisie qui pour nous -moi- semble de l'hypocrisie, pour d'autres est normal.Il faut savoir aussi que les ricains ne tiennent pas tellement leurs promesses; ou du moins il faut éviter de prendre "their word for granted."

Tout ceci qui pouvait avoir tendance à m'agacer, va aussi tellement me manquer!Je décolle demain - aujourd'hui - à 10H15 pm.J'ai été aujourd'hui pr la dernière fois sur le Mall, visiter la Bibliothèque du Congrès - et demander une carte de lecteur, yay! et m'occuper de plein d'autres trucs.Demain je compte juste déambuler avec mes amis et avoir un dernier brunch made in US, avant que Mike ne m'emmène à Rosslyn pour que je prenne le bus jusqu'à Dulles International Airport.

Je vous remercie pour m'avoir suivie tout au long de cette année, vous étiez bien plus que je ne l'imaginais au départ, j'espère que vous aurez apprécié de lire les articles longs et égocentriques que j'ai peu écrire!Un conseil, n'hésitez pas, si vous avez l'occasion de partir vivre à l'étranger, aux USA ou non, n'hésitez pas, foncez!Ca en vaut largement la peine...!Et profitez...

07.08.2008

J-2 Dernière ligne droite

Ca y est je dois faire face à la réalité, malgré mon boycott chronique de l'idée-même de partir et de finir cette formidable année qui m'aura apporté tellement de choses.Témoin de ma persistance à ignorer la pendule: ma chambre.Vous me connaissez, je suis bordélique.Dites-vous bien que d'habitude, ce n'est rien.Ma chambre est dans un bordel innommable, qui bat tous les records précédents que vous avez pu constater.Si je devais m'analyser, je dirais que c'est parce que tant qu'il y a autant de "mess", elle porte encore la marque de ma présence...

Je vous jure, tout traîne par terre, mes fringues sont posées en tas sur un pouf, la poubelle déborde de papiers, mes gouttes pour mes lentilles sont éparpillées partout dans la chambre, mes chaussures valsent régulièrement aux quatre coins de la pièce.Mais cette fois il va bien falloir que je me mette à ranger, si je veux profiter de DC demain et samedi.Hier j'ai fini mon stage, gros cafard, il faut croire que je m'y étais attachée à ces ricains que j'ai côtoyé pendant...oui...7 mois.On est tous allés manger indien pour le coup.Mais bon aussi vite partie, aussi vite oubliée.Anyway ce stage était vraiment bien, j'ai appris énormément, bien plus que je n'aurais appris à Georgetown, et cela m'a permis de rencontrer d'autres personnes, de nouer d'autres liens, de découvrir une autre partie de la ville (le quartier des affaires, ou "Golden District")...So long guys.

Sinon, une des dernières pages niveau politique hein.Je suis tombée sur un blog intéressant qui, alléluia ne raconte pas la vie de son auteur, mais se focalise sur les actualités et est plutôt bien fait. http://america.blog.lemonde.fr
Le dernier article parle des mots qui reviennent le plus souvent sur le blog de campagne d'Obama. http://america.blog.lemonde.fr/2008/08/05/tout-de-suite-les-grands-mots/
De façon intéressante, pour McCain c'est "Obama."Or, pour Obama, c'est...Obama.Et McCain arrive loin loin loin derrière, suivant Clinton qui est également un mot loin d'être beaucoup utilisé.Le second mot le plus utilisé sur le blog de campagne d'Obama, c'est "change."

En outre, je m'inspire ici d'un article du Washington Post d'aujourd'hui.Vous avez certainement entendu parler de la pub de campagne de McCain qui remet en question les capacités d'Obamà être un bon président, en insistant sur sa stature de "célébrité".Ainsi, des images d'Obama se mélangent avec des images de Paris Hilton et Britney Spears, jetteuse notoire et héritière de l'empire Hilton pour l'une, et popstar - sur le déclin - pour l'autre.L'article fait allusion aux remous qui agitent les rangs démocrates, où certains reprochent à Obama de ne pas contre-attaquer avec la même force/envergure.En effet il est en gros reproché à McCain dans le dernier "ad" produit par l'équipe Obama, de ne vouloir se présenter en "maverick" (=rebelle) que quand ça l'arrange sur le plan politique.

Or, les partisans d'une contre-attaque plus violente par Obama soutiennent que les ads devraient l'attaquer plus personnellement, et notamment, idéalement sur son âge.Mais l'article sous-entend que l'équipe Obama a une stratégie bien particulière, qui tient au choix fait par Obama de ne pas accepter les fonds publics.En effet, si j'ai bien compris, à l'automne, les fonds publics reçus par les candidats vont de pair avec limitation de temps de parole, et limitation des ads...etc.McCain a dénoncé le parti pris d'Obama de refuser ces fonds et de ne se reposer que sur les donations particulières;il n'empêche qu'étant moins habile pour récuperer des donations, McCain a lui accepté ces fonds.Entre parenthèses, ptite disgression: Obama a toujours clamé que les ptites donations - ie moins de 1000 dollars - constituaient le gros de son soutien financier, sous-entendant par là que lui, il représente le peuple.Que nenni, au moins les deux tiers de sa campagne sont financés par des dons d'au moins 1000 dollars par personne.Retour à mon propos, l'article cite d'autres démocrates, cette fois en faveur de la stratégie mise en place par Obama.Ils soulignent que le candidat démocrate peut bien se permettre de répondre "softly" aux attaques de McCain, car à l'automne, si besoin est de lancer des attaques plus personnelles, cela sera possible, alors que McCain aura plus de difficultés.La question étant: ne sera-t-il pas trop tard?
Lastly, on peut observer une certaine lassitude chez les voteurs indépendants et indécis quant à la présence constante d'Obama dans les médias.Un sondage du Pew Research Center montre que 51% des indépendants interrogés en ont assez, et 22% déclarent que leur position envers Obama est moins favorable à cause de cela.

Voilà, il faut que je me décide à "packer", et ranger, et nettoyer... Je dors genre 4 heures, 5 heures par nuit grand max depuis une semaine.L'angoisse de rentrer me ronge, je vous dis.Y a intérêt qu'à Charles de Gaulle les Français me saoulent pas, et qu'il pleuve pas à Paris quand jarrive.Demain Mike organise ma "goodbye party" sur son bateau.On va tous faire du canoe, du kayak, regarder le coucher de soleil sur le Potomac, boire, manger du barbecue, rire, s'amuser... Une dernière fois tous ensemble....

05.08.2008

America, America

Alors que la fin se rapproche vertigineusement, je realise un oubli impardonnable. Je suis sure que vous vous etes demandes avec une impatience croissante quand j’allais enfin brosser le portrait-type de l’Americain ainsi que disserter sur les habitudes alimentaires aux USA. Les reponses a la premiere proposition feront office de bilan, vaine tentative de renouer avec le fil de mon sujet dont je me suis eloignee a de nombreuses reprises cette annee. Je m’attelle donc dans ce post a la seconde tache, profitant d’un des moments d’ennui qui auront ponctue ce stage. Mais avant, premierement, in case you hadn’t noticed, j’ecris sans accents, et il y a une raison a cela, je tape tout simplement sur un ordi americain, au boulot. Deuxiemement, preparez-vous a etre inondes d’articles cette semaine, car je compte boucler la boucle en beaute, c’est-a-dire utiliser le moindre pretexte pour rendre compte de mes derniers jours ici et disserter interminablement sur les merveilles de ma vie aux USA. C’est un projet plutot ambitieux et comme a mon habitude, il se pourrait tout simplement que par flemme, j’y renonce. Mais nan, je me sens investie d’une mission et je vous le jure je la menerai a bien. Et me voila repartie dans mes delires, excusez je n’ai pas beaucoup dormi cette nuit. Matt, le copain de Mary partait pr la Jamaique aujourd’hui et Ylenia decolle ce soir pour Rome, ce qui fait qu’hier on s’est fait une petite soiree bien sympathique avec champagne, ou plutot, spumante Martini Rossi—achete par Ylenia—ce qui n’est pas tout a fait la meme chose n’est-ce pas.

Un des principaux atouts des grandes villes americaines, et de DC en particulier c’est qu'elles regorgent de restaus “ethniques.” Restaus ethiopiens et restaus marocains cotoient restaus mexicains, asiatiques, que ce soit indien, japonais (j’adoooore les sushis!) chinois, malaisien, indonesien, coreen; peruviens, russes, suedois et j’en passe. A ceux-ci s’ajoutent steak houses, restaus francais—qui ont la classe ici, jugez plutot, le meilleur restau de la ville est francais—mais aussi restaus americains—avec des burgers incomparables au McDo—ou restaus de differentes parties des US, comme par exemple la cuisine du Sud don’t je raffole, que l’on deguste souvent sur fond de jazz; a New York on trouve la fameuse pizza new-yorkaise, que je ne saurais decrire, il faut y gouter pour comprendre. Bref, il ne faut pas croire on peut manger bon aux USA.

Ensuite bien entendu, il ne faut pas oublier les chaines. Encore plus qu’ici, la cote ouest regorge de chaines: Taco Bell est emblematique, mais aussi Wendy's qui franchement n'est pas bon, et Denny's qui sert des ptits dej et des brunches gargantuesques. Ici on trouve egalement Five guys (burgers trop bons), KFC, Johnny Rockets, Bertucci’s (italien)... et j'en passe.Dans la serie “sweet”, Dunkin donuts, Haagen Dazs, Ben&Jerry’s, the Cheesecake Factory. N’oublions pas Starbucks, Caribou Coffee, Potbelly, Au Bon Pain, le Pain Quotidien.

Oui, car il ne faut pas croire, moi j’aime bien leurs trucs sucres bourres de calories. Un bagel cinnamon-raisin toaste, c’est deja merveilleux pour moi!Mais alors le cheesecake… c’est excellent. Le pire, c’est que c’est super bourratif et qu’en general on a tous du mal la premiere fois. Mais j’ai du developer une sorte d’addiction. Alors le cheesecake, c’est compose de cream cheese—attention ce n’est pas necessairement sale, le cream cheese—de sucre, oeufs, farine, crème qui forme un mélange assez lourd qui fond dans la bouche, le tout recouvrant une pate a base de biscuits. Ca n'a pas l’air appetissant comme ca, mais je vous assure que c’est bon. A cote de ca, on trouve aussi toutes sortes de gateaux ecoeurants a la crème, loin d’etre bons. Il y a aussi les differentes pies, dont deux des plus connues et appreciees sont la key-lime pie (au citron vert), meme principe sauf que c’est avec du citron et que c’est moins lourd, et la pecan pie, tres sucree, mais si elle est bien faite, c’est tres bon. Inutile de dire, dans tous les cas une part suffit pour apprecier. Dans la famille sucree nous trouvons aussi les donuts, les cupcakes (extremement sucre egalement). Puis voici les inevitables brownies, scones, muffins, cookies, buttermilk biscuits qui demeurent les meilleurs aux States. J’ai egalement developpe une addiction aux pancakes.

De la meme facon que l’eau sera toujours servie glacee avec des glacons, ou brulante dans le cas d’un the, certains ingredients reviennent regulierement, au premier rang desquels cannelle, myrtilles, cranberry—canneberge, ca fait moins sexy et moins envie, non?
Je ne sais pas si j’ai deja eu l’occasion d’en parler, mais les Americains sont accros a un truc infame, qui a le gout du dentifrice au mieux, et qui au pire ressemble au mélange que mes cousins et leurs potes ont l’habitude de faire chaque ete avec tous les ingredients qui leur passent sous la main, j’ai nomme Dr pepper. C’est immonde. Mais ma coloc en raffole, elle rajoute de la glace a la vanille et de la chantilly dans un verre. Une autre habitude, ils boivent du lait des qu’ils mangent un truc au chocolat, j’en ai encore eu la demonstration hier.

A cote de tous ces trucs lourds et caloriques, il y a une sorte d’obsession du "sain". Les marques qui se proclament “healthy foods” sont partout au supermarche. Les produits “organic”—bio—foisonnent et le nombre de calories—les bonnes, ie “non-fat” et les pas bonnes, “fat”—est toujours indique en gros pour qu’on le voit bien. DC compte de nombreux bars a salads qui font egalement fureur a NY, les gens s’y present en foule. Je dois d’ailleurs avouer que j’aime bien ce principe, le self service ou on prend autant de trucs “healthy” que l’on veut, et ensuite on doit payer au pound. Les gens qui font du velo et du jogging sont bien bien bien plus nombreux qu’en France. Mais tout s’explique. Heureusement qu’il y a cette obsession: les portions servies sont en general gargantuesques, et tout tout tout regorge de sucre. Les yaourts en sont l’exemple le plus frappant. Ici, point de yaourt nature don’t je reve depuis un an—vous savez, le genre de yaourt qui permet de faire passer un bon gros repas et qui fait se sentir moins lourd. Ici, non seulement ils sont tous sucres, mais ils sont deux fois plus gros qu’en France et rempli de gouts artificiels don’t on se passerait bien. Et a chaque fois, dans chaque yaourt, il y a 25g de sucres.

En outre, n'oublions pas que je fais mes constatations en m’appuyant sur ce que j’observe dans mon environnement, c’est-a-dire Georgetown, quartier de bourges friques, et Golden District, ou se trouvent tous les bureaux, think tanks, et ou les cadres travaillent. Malheureusement, des que je monte dans le bus, il y aura toujours plusieurs obeses—le plus souvent qui ont l’air plutot pauvres, et malheureusement souvent issus de minorities.

Ici s'acheve donc cette mini-chronique alimentaire.Qui sera peut-etre soumise a des modifications si d'autres idees me passent par la tete... ou si je m'ennuie!

edit: j'ai oublie de parler de tout ce qui concerne livraisons... le "delivery" est tres frequent ici, et il coute bien moins cher qu'en France.En tete du palmares, les livreurs de pizzas, parmi lesquels Domino's pizzas (moins bon qu'en France et differentes), Papa John's ou Manny and Olga's.